Les presses tournent, les sécheurs chauffent, les compresseurs ne s’arrêtent jamais. Dans un atelier d’impression, la consommation d’énergie imprimerie industrie graphique suit le rythme de la production, souvent en continu, parfois en trois huit.
Parler d’énergie imprimerie industrie graphique revient donc à parler d’un poste de charge structurel, directement lié à votre prix de revient au mille feuilles. Entre la volatilité des marchés de gros, la fin des tarifs réglementés et les objectifs de décarbonation, le pilotage de l’électricité et du gaz est devenu un sujet de direction générale. Cet article détaille les postes de consommation, les leviers d’efficacité et la stratégie d’achat adaptée à vos horaires de production.
Énergie imprimerie industrie graphique, réduire les coûts
Temps de lecture : ~8 min
- Énergie imprimerie industrie graphique, un poste de coût structurel
- Quels sont les principaux postes de consommation d’une imprimerie ?
- Comment réaliser un audit énergétique dans une imprimerie ?
- Profil de charge et stratégie d’achat alignée sur vos horaires de production
- Quelles solutions pour réduire la facture d’électricité et de gaz d’une imprimerie ?
- Comment décarboner une imprimerie face à la Stratégie nationale bas-carbone ?
- Quels indicateurs de performance énergétique suivre ?
- Ce que change un accompagnement spécialisé
- Aller plus loin avec l’énergie imprimerie industrie graphique
- Questions fréquentes sur l’énergie en imprimerie
Énergie imprimerie industrie graphique, un poste de coût structurel
En France, l’ensemble bois, papier et imprimerie représentait en 2021 une consommation de 3,804 millions de tonnes équivalent pétrole selon l’INSEE, l’électricité et le gaz naturel constituant les deux énergies dominantes.
À l’échelle industrielle, ce même ensemble pèse environ 11 % de la consommation énergétique du secteur selon ENGIE Entreprises et Collectivités, qui situe par ailleurs le gaz naturel autour de 40 % et l’électricité autour de 35 % des consommations industrielles françaises. Ces chiffres couvrent un périmètre plus large que les seules imprimeries, mais ils donnent un ordre de grandeur utile pour situer votre site.
À l’échelle d’une entreprise, l’enjeu est plus concret encore. Un imprimeur offset feuilles, un transformateur flexographique de packaging et un acteur de l’impression numérique n’ont ni le même mix énergétique industriel, ni la même courbe de charge, ni la même sensibilité au prix du gaz. Un document de la PrintCity Alliance cite une valeur de référence de 0,6 MWh par tonne de papier imprimé pour le secteur européen, un repère intéressant à condition de ne pas l’appliquer mécaniquement à tous les procédés. L’important reste de mesurer vos propres kWh par tonne imprimée plutôt que de vous comparer à une moyenne.
Quels sont les principaux postes de consommation d’une imprimerie ?
Les presses constituent le premier poste électrique, avec les moteurs, les pompes, les groupes d’encrage, les systèmes de commande et les auxiliaires. Les machines anciennes consomment souvent beaucoup au démarrage, pendant les changements de série et en veille, moments durant lesquels aucune valeur n’est produite.

Le séchage arrive immédiatement derrière, et il devient le poste dominant en flexographie, en héliogravure et sur les lignes offset équipées d’un sécheur thermique. Le séchage UV déplace la consommation vers l’électricité, ce qui modifie profondément la structure de votre facture et l’arbitrage entre électricité et gaz.
Viennent ensuite la ventilation, le chauffage et la climatisation, indispensables à la stabilité hygrométrique des ateliers graphiques. Un papier qui travaille génère des rebuts, donc de la gâche papier et de l’énergie perdue en retirage.
L’air comprimé industriel alimente de nombreux équipements de production et de finition graphique, et c’est souvent le poste où les fuites, les pressions excessives et les compresseurs surdimensionnés coûtent le plus cher pour le moins de valeur ajoutée. Enfin, massicots, plieuses, encarteuses, laminateurs et systèmes de manutention représentent une consommation diffuse que seul un sous-comptage énergétique permet d’objectiver.
Bon à savoir
Une consommation de veille mesurée la nuit et le week-end révèle en quelques jours un gisement d’économies souvent supérieur à ce que laisse imaginer l’intuition des équipes de production.
Comment réaliser un audit énergétique dans une imprimerie ?
Un audit énergétique sérieux combine l’analyse documentaire, la mesure et l’observation terrain. Il ne s’agit pas seulement de relever des puissances nominales, mais de comprendre comment l’énergie est réellement appelée au fil des séries, des formats et des équipes. Les actions d’efficacité énergétique industrielle les plus rentables sont rarement les plus spectaculaires, et elles supposent une hiérarchisation rigoureuse des investissements.
Données clés pour l’audit énergétique en imprimerie
Voici les données que nous collectons en priorité lors d’un audit énergétique en imprimerie :
- Factures d’électricité et de gaz sur 24 à 36 mois, avec options tarifaires et puissance souscrite.
- Courbes de charge au pas 10 minutes, horaires de production, arrêts machines et périodes de fermeture.
- Inventaire des presses, sécheurs, compresseurs, groupes froid et équipements de finition, avec âge et puissance.
- Volumes imprimés, tonnages de papier, taux de gâche et quantités de déchets.
- Relevés de sous-comptage par atelier, contrôle des consignes de température et campagne de détection des fuites d’air comprimé.
Cette matière permet de construire un indicateur de performance énergétique fiable et de distinguer ce qui relève du procédé, du bâtiment, du comportement ou du contrat. Nous présentons cette méthode plus en détail sur notre page dédiée aux audits énergétiques.
Profil de charge et stratégie d’achat alignée sur vos horaires de production
C’est ici que se joue une grande partie de la performance économique, et c’est le point le plus souvent négligé. Une imprimerie qui tourne en continu n’a pas le même profil qu’un site en journée avec arrêt le week-end. Or la structure de prix d’une offre d’électricité dépend précisément de la répartition de vos consommations entre heures pleines, heures creuses, pointes hivernales et périodes d’été. Deux imprimeries consommant le même volume annuel peuvent payer des prix moyens très différents selon la forme de leur courbe de charge.
Aligner contrat d’énergie et horaires de production
Une gestion passive, c’est accepter une offre standard indexée sans analyser ce profil, laisser filer une tacite reconduction, ou souscrire une puissance inadaptée qui génère des dépassements facturés toute l’année. Une gestion active, c’est au contraire sécuriser des volumes par tranches, choisir le bon moment de mise au marché, arbitrer entre prix fixe, prix indexé et formules mixtes, et vérifier ligne à ligne les composantes d’acheminement.
Les tensions géopolitiques des dernières années ont montré à quel point une décision d’achat prise au mauvais moment pouvait peser plusieurs années sur une marge industrielle. Nos analyses de tendances longues sont consultables sur nos pages dédiées à l’évolution du prix de l’électricité et à l’évolution du prix du gaz.
Quelles solutions pour réduire la facture d’électricité et de gaz d’une imprimerie ?
Optimiser les presses et les sécheurs
La première économie est opérationnelle. Réduire les temps de chauffe, éviter le fonctionnement à vide, adapter la température et le débit des sécheurs au support réellement imprimé, planifier les séries pour limiter les changements de format, entretenir rouleaux, buses et filtres. Les travaux de la PrintCity Alliance insistent sur le lien entre maîtrise du flux de production, standards qualité et réduction simultanée de l’énergie et des matières. Chaque point de gâche papier évité est aussi de l’énergie de séchage évitée.

Réduire la consommation d’air comprimé
L’optimisation de l’air comprimé en imprimerie repose sur trois gestes simples, à savoir la détection régulière des fuites, l’abaissement de la pression de consigne au strict nécessaire et l’adaptation de la centrale à la demande réelle. Ce sont des actions à faible coût, à retour rapide, qui améliorent souvent la stabilité machine en prime.
Récupérer la chaleur fatale
La chaleur fatale produite par les sécheurs, les compresseurs, les groupes frigorifiques ou les systèmes de traitement des composés organiques volatils peut chauffer les locaux ou préchauffer l’air de process. L’ADEME cite le cas d’une entreprise d’impression en relief ayant installé un oxydateur thermique régénératif couplé à une récupération d’énergie, avec un objectif de 214 tonnes de COV et 300 tonnes de CO2 évitées et une économie annoncée de 75 MWh de gaz par an. La faisabilité dépend toujours de la concordance entre la chaleur disponible et un besoin thermique réel sur site.
Installer du photovoltaïque en autoconsommation
Les toitures d’ateliers graphiques se prêtent bien à l’autoconsommation photovoltaïque, d’autant que la production solaire coïncide avec les équipes de jour. La rentabilité dépend de l’état de la structure, du raccordement, du taux d’autoconsommation atteignable et du prix de référence de votre contrat. Pour un site tournant la nuit, le gain relatif sera mécaniquement plus faible, et une offre d’électricité avec garanties d’origine peut constituer une alternative ou un complément.
| Solution | Effet principal | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Optimisation des réglages et des veilles | Économies rapides sans investissement lourd | Nécessite l’adhésion des équipes de production |
| Air comprimé | Baisse immédiate de la consommation électrique | Campagne de détection et maintenance régulière |
| Récupération de chaleur fatale | Réduction de la consommation de gaz | Besoin thermique compatible et disponible |
| Photovoltaïque en autoconsommation | Moins d’électricité achetée en journée | Toiture, raccordement, profil de consommation |
| Électrification du séchage | Sortie partielle des combustibles fossiles | Puissance souscrite et coût des équipements |
| Stratégie d’achat et contrat | Baisse du prix du kWh acheté | Timing de marché, indexation, durée d’engagement |
Comment décarboner une imprimerie face à la Stratégie nationale bas-carbone ?
L’ADEME rappelle que l’industrie représente environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre et 20 % de la consommation énergétique en France. La Stratégie nationale bas-carbone vise une réduction de 35 % des émissions de l’industrie manufacturière en 2030 par rapport à 2015, objectif rappelé par la Direction générale des Entreprises.
Pour une imprimerie, la trajectoire combine sobriété, efficacité énergétique, électrification des procédés, substitution des combustibles fossiles, récupération de chaleur et énergie renouvelable, leviers également mis en avant par la CEPI pour les industries du papier et de l’impression.
Un point mérite vigilance. Une baisse de consommation ne se traduit pas automatiquement par une baisse équivalente d’émissions, car tout dépend du mix énergétique retenu. À l’inverse, une électrification mal préparée peut dégrader votre coût total de possession si la puissance souscrite et le contrat ne sont pas revus en parallèle. Les certificats d’économies d’énergie et les dispositifs d’aide existants permettent souvent d’améliorer le plan de financement, à condition d’être instruits avant l’engagement des travaux.
Quels indicateurs de performance énergétique suivre ?
Un pilotage utile repose sur peu d’indicateurs, mais sur des indicateurs mesurés au bon endroit. Voici ceux que nous recommandons de suivre mensuellement dans l’industrie graphique :
- kWh par tonne imprimée et kWh par millier de feuilles, déclinés par procédé.
- Consommation de gaz par lot sécheur et consommation électrique en veille.
- Taux de gâche papier et coût énergétique par commande.
- Part d’énergie renouvelable et émissions de CO2 par produit imprimé.
À retenir
Un indicateur de performance énergétique n’a de valeur que comparé à lui-même dans le temps, sur un périmètre et des conditions de production stables.
Ce que change un accompagnement spécialisé
Un cas documenté par la PrintCity Alliance, portant sur un transformateur de papier et carton de 140 personnes et trois lignes de production, fait état d’un plan d’actions issu d’un audit conduisant à une baisse annoncée de 13 % des coûts énergétiques, soit environ 65 000 euros par an. L’ordre de grandeur est parlant, mais il suppose une démarche structurée plutôt que des décisions prises dans l’urgence d’une échéance contractuelle.

C’est exactement le rôle que nous tenons chez BEST ENERGY CONTROL. Nous analysons vos contrats et vos factures, nous reconstituons votre courbe de charge, nous mettons les fournisseurs en concurrence sur un cahier des charges adapté à vos horaires de production, puis nous assurons le suivi dans la durée. Vous pouvez nous transmettre vos éléments via notre page analysez-moi ou découvrir notre approche de courtage et d’expertise.
Aller plus loin avec l’énergie imprimerie industrie graphique
Dans l’industrie graphique, l’énergie n’est ni une fatalité ni une simple ligne comptable. Elle se mesure, se pilote et s’achète. En combinant un audit énergétique rigoureux, des actions d’efficacité sur les presses, les sécheurs et l’air comprimé, une valorisation de la chaleur fatale et une stratégie d’achat calée sur votre profil de consommation, vous sécurisez votre marge et vous préparez votre trajectoire de décarbonation.
Pour échanger sur votre situation, contactez-nous.
FAQ – énergie en imprimerie
Un audit énergétique est-il obligatoire pour une imprimerie ?
L’obligation dépend de la taille de l’entreprise et des seuils réglementaires en vigueur. Au-delà de l’aspect réglementaire, l’audit reste surtout un outil de décision pour hiérarchiser les investissements et éviter de financer des travaux dont le retour est incertain.
Faut-il privilégier un prix fixe ou un prix indexé pour un site d’impression ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Un site en continu, très exposé au prix du kWh, recherchera souvent de la visibilité budgétaire, tandis qu’un site plus flexible pourra accepter une part indexée. L’arbitrage se fait en fonction de votre tolérance au risque et de votre horizon budgétaire.
Le séchage UV coûte-t-il moins cher que le séchage thermique au gaz ?
Cela dépend du rapport entre le prix de l’électricité et celui du gaz, du rendement des équipements et du support imprimé. L’électrification déplace la consommation plutôt qu’elle ne la supprime, ce qui impose de revérifier la puissance souscrite et la structure du contrat.
Combien de temps faut-il pour voir les premiers effets d’un plan d’action ?
Les actions de réglage, de suppression des veilles et de traitement des fuites produisent des effets mesurables en quelques semaines. Les projets lourds comme la récupération de chaleur ou le photovoltaïque s’évaluent sur plusieurs années, en coût total de possession.
Une petite imprimerie peut-elle bénéficier des mêmes leviers qu’un grand groupe ?
Oui, avec un dimensionnement différent. Le sous-comptage, la renégociation contractuelle et l’optimisation de l’air comprimé sont accessibles à toutes les tailles de structure, y compris aux TPE et PME du secteur graphique.